Et ils se marièrent...

Publié le par nagui chehata


Le patron ainsi que sa mère et toute la famille coté maternelle se sont tirés sur quatre épingles pour assister au mariage de Maryse, la cousine germaine du patron. Malgré une journée hyper chargée, le patron s'était bien organisé pour pouvoir tout faire à temps, surtout penser envoyer Saad, le chauffeur de taxi chez sa mère pour l'emmener à l'église, puis aller le chercher au cfcc où le patron donnait cours ce soir là, puis l'accompagner lui aussi à l'église. Heureusement, peu de traffic grâce au match final d'un club de foot important dont le patron se soucie peu. Bref, il est arrivé à temps pour poser avec sa chère mère qui s'était finalement décidée de porter la robe achetée au Canada et que la mère ne voulait porter que lors du mariage du patron. Et comme le patron ne se décide jamais à faire ce saut dans le vide, ben, la mère a finalement baissé les bras, (youpiii) et a porté la fameuse robe à l'occasion de ce mariage là qu'elle avait au moins à disposition. Le patron, lui, n'a pas manqué de porter sa cravate rose pour rester fidèle à son blog!
La jolie mariée est arrivée avec une demie heure de retard, chose tout à fait habituelle en Egypte. Les invités ne s'inquiétaient même pas et apparement c'est rentrée dans les moeurs que la mariée arrive en retard, laissant le marié languir comme un c.. entouré de ses amis. Une mariée qui arriverait à l'heure? ça ne fait surement pas sérieux! Le patron avait du mal à retrouver dans cette belle créature la fille qui fêtait à la pension deux jours avant, l'enterrement de sa vie de jeune fille. Il avait surtout du mal à ne pas se rappeler d'elle quand elle n'avait qu'une semaine, lors de la fête de son "sebou3", c'est à dire cette vieille tradition pharaonique durant laquelle on fête la naissance du bébé, 7 jours après sa naissance et on lui choisit un nom: La technique est simple: on choisit 7 noms, on les écrit sur des bouts de papier qu'on accroche à 7 grandes bougies. La dernière qui s'éteint donnera le nom du nouveau né. Le patron avait une quinzaine d'années lors du "sebou3" de Maryse et se rappelle encore de ce soir là. Maintenant, ce petit bébé allait faire un autre bébé ! ça va vite !
 La mariée après avoir posé devant les appareils photo, se retrouve enfin accrochée pour la vie, on l'espère, au bras de son homme, suivie de ses deux soeurs qui doivent, comme le veut la fameuse tradition, porter la queue, euh ... de la robe biensur! Marie et Madona, toutes les deux étaient aussi belles que leur ainée et ont tapé dans l'oeil de plein de garçons ce soir là !
L'entrée dans l'eglise copte se fait toujours accompagnée d'un chant copte et d'une musique faite grâce à un instrument métalique semblable à deux couverts de casserol qu'on entrechoque d'une façon particulière pour donner un son pas désagréable. En arabe on l'appelle "doff". Le patron aimerait bien connaître le nom en français, alors si quelqu'un le sait, qu'il le dise. Bref, une prière qui va durer pendant une quarantaine de minutes dans une église où amis et famille, chrétiens et mesulmans assistent en toute simplicité, lançant dans l'air des loulous intermibables lorsque le marié met l'alliance au doigt de la mariée! L'émotion se fait sentir chez les parents de la fille, quelques larmes pour agrumenter la sauce, et le tableau est complet!
Les mariages sont là pour revoir aussi la famille! Depuis son mariage, Magued, le seul cousin du patron restant au Caire, a pris un rythme de vie fou. Avant son mariage, combien d'endroits magique les deux cousins ont découverts ensemble. Le  premier voyage au désert blanc, les longues marches dans les rues désertes du Caire à 5 heures du matin pour voir la ville se réveiller, pleins pleins d'aventures ont lié et lient encore les deux hommes. Mais le mariage bouffe la vie et depuis la naissance de ses deux princesses, le cousin est tout le temps occupé. Mais, fidèlement accompagné par sa femme qui elle, était la seule mariée arrivée même avant l'heure à l'église lors de leur mariage! Bravo pour le couple et courage!
Puis, une fois les salutations terminées, la mariée part vers une vie, une nouvelle vie, accompagnée de son marie, mais accompagnée aussi de pleins de questions, de craintes mais aussi d'espoirs. Certes, le mariage en Egypte est un changement radical dans la vie de la personne parce que, pour la première fois de sa vie, elle se trouvera seule face à un homme qu'elle connait extérieurement seulement. Les deux mariés n'auraient jamais vécu ensemble avant, ils doivent maintenant découvrir le vrai visage de la vie. Le patron leur espère plein de bonheur et beaucoup de courage! Soirée finie dans un grand hotel biensûr entourés d'amis et de famille, soirée durant laquelle le patron s'est mis un peu à l'eccart observant cette foule qui s'anime, qui danse, qui rit, le laissant philosopher sur la vie.

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N
Alors là, que le frère du patron écrive un commentaire sur le blog! c'est une première ! Merci ya roza, suis content que tu lises enfin mon blog.
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R
Tres beau Nog. On appelle le doff, cymbales.
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P
mon bon patron t'étais beau comme un camion!<br /> bious niçois
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Y
Superbe article Nag! Evidemment tu n'as pas pu t'empêcher de faire quelques allusions un peu coquines, je te reconnais bien là!!
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B
Chouette cet article, mais je préfère encore le précédent, car en France, ça ne se fait plus tellement d'enterrer sa vie de garçon (ou de fille). De toute façon, comme on vit généralement ensemble avant le mariage, ça n'a plus trop de sens.
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