La foule de Piaf

Publié le par nagui chehata

Après une journée soufferte, le patron avait juste besoin de dormir et surtout d’éviter la rue et la foule qui l’ont fait tant souffrir la veille. Le troisième jour de fête était donc celui des heures interminables de sommeil. Mais, comme il avait bien compris la leçon de la veille, il a demandé à son ami alexandrin de bien vouloir téléphoner au club grec pour réserver une table pour le diner. Il n’était pas question qu’il repasse par les mêmes souffrances de la journée d’avant. Bref, la table fut réservée à 9heures pile. Et comme il savait qu’il devrait traverser la moitié d’Alexandrie pour arriver au club grec situé à coté du port de Kaytbey, c'est-à-dire, là où la foule devient impacte comme une vraie masse impénétrable, le patron a prévu de partir une heure et demie avant son rendez-vous pour être sûr d’arriver à l’heure. Il avait bien raison le patron puisque le trajet, jonché de maints obstacles, a bel et bien duré une heure et demie. En chemin, des scènes superbes à filmer : Les gens, où plutôt la masse bougeait dans tous les sens. La corniche noire de monde était impraticable. Le foule, tirée à quatre épingles, représentait un vrai défilé de mode d’un kitch remarquable. Les hommes brillaient dans des chemises satins ornées de paillettes ! Les femmes, déguisées en poupées sous des tonnes de maquillage se promenaient bras dessus dessous avec leurs amoureux, gosses, maris, cousins, cousines, etc. Des moyens de transports de tous bords bloquaient les voitures et les automobilistes impatients écoutaient toutes sortes de mélodies qui sortaient des voitures immobiles. La vitesse moyenne de la circulation était de cinq kilomètres par heure ! L’ami alexandrin, calme de nature, n’en pouvait plus et lorsque, arrivé enfin au club grec à 9 heures pile, il se laissa tomber sur sa chaise et demanda qu’on ne lui parle plus pendant une quinzaine de minutes, juste pour réaliser qu’il avait pu enfin réussir l’exploit et arriver à l’heure. Heureusement que le resto était vide et tranquille. Normal, les clients devaient être, eux aussi, bloqués dans les embouteillages. Le repas en valait quand même la peine et la vue sur la mer illuminée par le reflet de la ville en fête représentait un beau spectacle qui a contribué à dissiper la fatigue de la route.

Puis, pour terminer la soirée, la dernière heureusement, le patron et sa joyeuse bande se sont trouvés au bar du cap d’or pour se jeter sur quelques bières et bavarder, cette nuit encore, jusqu’à une heure presque matinale.

Dernier matin, un bon brunch entre amis au Trianon de Sidi bishr sur la corniche : au menu du jour : croissant au saumon et expresso biancho (avec du chocolat blanc broyé) un vrai délice ! Adieu Alexandrie : Prochain rendez-vous, jamais plus en période de fête. Une seule chanson raisonne encore dans la tête du patron après ce séjour inoubliable : La Foule de Piaf !

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M
Ah Nagui quel bonheur de te lire pour partager cette ambiance extraordinaire. Je ne sais pas si j'aurai la patience d'attendre jusqu'en avril pour revenir au Caire. et Alexandrie bien sûr... A bientôt. Manuel
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J
demain tout sera rentré dans l'ordre du quotidien !<br /> je te rappelle qu'il y a toujours des chocolats qui t'attende !
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W
merci nagui,<br /> je te souhaite quetu sois en bon sante avec grand sourir.
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H
>croissant au saumon <br /> Miam miam.<br /> <br /> Une de mes dernières virée alexandrine à l'époque était pendant les fêtes, je n'ai plus jamais tenté l'expérience.<br /> Puis un jour, je pars un week-end de l'année, pas d'événement spécial et ce fut bien plus tranquille ;-)
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