Enragé (fin)

Publié le par nagui chehata

Le patron est rentré donc de l’école après avoir passé une longue journée. Epuisé et tendu, il a vite avalé une bonne assiette de molokheya que Nestor lui avait gentiment préparé la veille. Entre temps, il avait pensé téléphoner à Saad, le fameux chauffeur de taxi avec qui il bougeait quand il ne conduisait pas encore. Il a tout raconté à Saad et lui a demandé d’être présent lors de l’évaluation des dégâts. Saad est donc arrivé à l’heure pile poil et le patron l’attendait déjà devant la maison. Juste derrière lui est arrivé le père de la voisine accompagné du frère, un grand brun. La voiture de la voisine était invisible et le père a dû téléphoner à sa fille chérie pour savoir où elle s’était garée ! Aie, elle allait donc être présente cette pouffiasse de voisine, chose que le patron voulait éviter vu le sale caractère dont tout le monde parle. C’est pas grave, il ne la regarderait même pas, la snoberait complètement et ne parlerait qu’avec les hommes présents. La bonne surprise, c’est que Saad et le père de la voisine se connaissaient bien puisque le chauffeur habite aussi dans le coin. L’ambiance devient donc un peu moins tendue et Saad assure aux ennemis que le patron n’était pas un homme à problèmes et qu’un accord sera établi entre tout le monde. Arrive la voisine, une pas voilée, à la grande surprise du patron, une plutôt pas mal, mais qui se prend trop au sérieux. Grande, brune, habillée en jeans bien moulant, lunettes de soleil de super star, etc. Ils se sont donc tous dirigés vers là où madame s’était garée. Le père dit que tout un coté de la voiture devait être refait et que sa fille insistait que cela soit fait à l’agence de la voiture où les prix sont dix fois plus chers. Le patron se sent tendu de nouveau mais c’est Saad qui intervient et qui essaye de calmer le jeu que ce n’était pas nécessaire et que l’important que la voiture redevienne comme avant. Le patron indique à Saad les égratignures qu’il avait faites. La fille insiste qu’il y a d’autres égratignures plus profondes que le patron avait faites. Le patron refuse d’admettre cela mais lance la fameuse phrase : Si vous voulez être remboursés pour des dégâts qu’il n’avait pas commises, c’est finalement Dieu qui se chargera de  prouver qu’ils avaient tord et que de toute façon si le patron voulait régler tout cela à l’amiable c’était surtout parce qu’il craignait Dieu et ne voulait pas le fâcher et qu’enfin de compte, c’était à eux de décider , qu’il paierait ce qu’ils décideraient et que Dieu le récompenserait pour sa bonne action et punirait ceux qui abusent. Là-dessus, la voisine part dans une colère hystérique tout en gesticulant dans la rue qu’elle et sa famille connaissaient très bien Dieu et que le patron devait arrêter de parler de la sorte parce qu’il avait dépassé les limites. Bref, le patron la laisse toute en colère, lui lance un sourit dédaigneux et continue à parler avec le père en lui disant qu’il avait perdu trop de temps dans cette histoire, qu’ils n’avaient qu’à dire un prix pour en terminer. Le père hésite, demande à Saad de dire un prix. Ce dernier hésite. Ce jeu d’hésitation va durer encore une bonne dizaine de minutes. Personne ne veut se prononcer. Le père assure que de toute façon cet argent il ne le touchera même pas et que toute la somme ira à la mosquée parce qu’il n’acceptait pas d’indemnité d’un humain. Saad enfin s’hasarde à dire que tout cela allait coûter quatre cents livres. Le père sourit et lui dit que tout cela lui coutera bien mille livres mais comme il est un homme qui a peur de Dieu, il allait accepter que le patron ne paie que cinq cent livres seulement. Là-dessus, le patron accepte tout de suite parce qu’il en avait tellement marre et que la foule commençait à s’assembler autour de cette scène. Saad essaye de payer l’argent mais il n’en avait pas assez et le patron aussi refuse que le chauffeur paie. Il demande au frère, le grand brun de le suivre à la pension pour lui donner l’argent. Il apprend alors que le frère travaille à la sécurité d’état. No comment. Le patron rentre à la pension, invite le frère à rentrer. Celui-ci refuse. Le patron insiste. Le patron rentre dans sa chambre, cherche la somme et retourne au salon. Le frère est là, entrain de jouer avec les chats. « Ce sont des Persans ? – Oui ! – Ils sont mignons ! – Merci. Le grand c’est le mâle et la petite, la femelle. – Merci pour l’argent. – De rien, j’aurai préféré faire votre connaissance dans des meilleures circonstances. – Demain on va annuler le procès, comptez sur moi. » Il salut, sort. Le patron ferme la porte de la pension, il prend une bouffée d’air, se dirige lentement vers la salle de bain. Il enlève ses habits baignés de sueurs tellement il était tendu, rentre dans la baignoire et laisse l’eau couler sur sa tête pour une bonne demie heure. Il a juste besoin de tout oublier.

 

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Z
c'est comme tu voudras .... et d'avance merci pour la recette.<br /> Bonne journée; la mienne a déjà commencé, il est 5h30 ....
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N
@zénobie, désolé de te contredire ma chère, mais je crois que mon blog reste assez propriété privée et que donc, si dans un article j'ai envie et besoin de parler de mes convictions religieuses, je dois avoir le luxe et la liberté d'en parler. je n'impose rien à personne, ni mes idées, ni mes convictions. Maintenant qu'on les partage avec moi ou pas, ça ne doit même pas être un sujet de discorde. J'ai des amis profondéments cathos, comme j'ai des amis profondément mesulmans pratiquants comme j'en ai d'autre encore qui sont pas croyants... Mais ils restent tous mes amis et je ne veux jamais qu'ils changent leur croyance pour être encore plus amis avec moi. j'espère aussi que les lecteurs et lectrice de ce blog agissent de même avec moi quelque soient mes convictions religieuses. Là dessus, dès que je verrai Nestor, je lui demanderai la recette de la molokheya et je ferai une petite prière pour que tu la réussisses bien ! hehehe
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Z
pour les femmes, je suis rassurée ... <br /> pour les convictions religieuses, mon ami, elles n'ont rien à faire sur un blog :) est-ce que je te parle des miennes?<br /> donne-moi plutôt la recette de la mouloijhia selon ton majordome; là au moins on est dans le concret!<br /> Bonne nuit, fais de beaux rêves ...
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N
Loin de moi de mettre toutes les femmes dans le même lots! je parlais de ma voisine et de son sale caractère! et je crois josiane que tu me connais assez bien pour ne pas penser que le pays recule à cause de gens qui pensent comme moi! c'est très infondé comme jugement. par contre si tu parles de mes convictions religieuses, je ne suis pas sûr que tu dois à tout prix adhérer à mes idées qui ne sont pas à prendre hors de l'histoire avec ma voisine.
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Z
@ osiane: figure-toi qu'hier je me posais les mêmes questions! On en reparlera "off line" .<br /> Mais au moins, Nagui, on est d'accord sur le félins ... c'est déjà pas mal!<br /> Allez, remets-toi de toutes ces émotions et ne mets pas toutes les nanas dans la même panier, vu?<br /> Bises<br /> Claire
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