Sentir la brise !

Publié le par nagui chehata

Le patron de la pension de la joie a parfois des coups de folies : Pour la fête du printemps, appelée en Egypte « Sham el Nessim », c'est-à-dire « sentir la brise », fête qui trouve ses origines depuis l’époque des pharaons, la seule qui réunit donc chrétiens et musulmans ensemble dans les mêmes rites. Ce jour là, tous les Egyptiens s’organisent pour sortir « sentir la brise », dans les parcs, les bords de mers, les jardins, les clubs sportifs. Le repas traditionnel, acheté et préparé en avance n’offre pas de surprise : Fessikh (poisson mariné en saumure, à la limite de la pourriture, donc extrêmement puant,) harengs, ognons verts, citrons, pains. Le patron a donc décidé, lui aussi, de sortir sentir la brise, dans l’un des endroits le plus peuplé d’Egypte : La plage d’Alexandrie, notamment, la plage Miami qui attire le plus de gens parce que la mer y est calme grâce à une ile qui bloque les vagues. La clientèle y est très modeste. Comme Hatem, le majordome de la pension accompagnait le patron dans ce périple qui a duré deux jours, et comme il adore y aller, le patron a voulu lui faire plaisir et passer donc cette journée entouré de plusieurs milliers de personnes qui se baignaient, mangeaient, couraient, et se promenaient. Au bout de quelques heures, le patron ne tenait plus sur place tellement ça hurlait de partout, tellement le niveau de langue était inférieure à tous les niveaux de langues inimaginables ! Bref, le patron a préféré du coup s’asseoir sur la corniche et observer cette foule qui s’y promène : entre la femme voilée jusqu’au dent promenant ses enfants, le couple copte : homme en short, femme en pantalon et T shirt, jeunes torses nus promenant leur chien, vendeur de ballons multicolores, jeune villageois mangeant tranquillement son « sémitt », sorte de brioche sous forme de losange, couple promenant leur nouveau né caché sous une serviette pour le protéger du soleil, jeune musclé entrain de frimer avec son portable et ses muscles, pécheurs de moules retournant de leur pèche avec des kilos de moules fraiches, grand-père en galabeya promenant ses petits-fils, vendeur de barbe à papa. Bref, le patron aurait pu passer des heures assis ainsi tranquillement à prendre en toute discrétion des passants heureux de passer cette journée à la recherche de cette brise annonciatrice de bonheur et d’été. Le patron, ne pouvait pas finir cette journée sans un petit tour dans son bar préféré, le cup d’or, où il s’est retrouvé avec quelques amis alexandrins, pour siroter une bonne bière fraiche et refaire le monde.

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P
J'aime bien la photo des maîtres du petit chien... :)
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N
Merci beaucoup Tifet pour ton passage sur mon blog. J'ai jeté un coup d'oeil sur le tien et j'ai vraiment adoré ! Si jamais vous repassez au Caire, vous serez les bienvenus à la pension de la joie. Les objets que vous fabriquez sont une merveille. <br /> @Josiane, ok, la prochaine fois, promis on ira ensemble à alex.<br /> @Sylvie, eh oui, c'est vrai qu'avec ton maillot de bain fouchia tu ne passais pas inaperçue ce jour là ! mais jamais je descendrai à la mer avec un nana couverte ! j'aurai trop honte je crois et je te laisserai couler.
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T
Sympa cette petite ballade ! on y découvre tout une palette de personnages sans se fatiguer !bon we. Tifet (ah c'est vrai qu'en Egypte dimanche c'est pas dimanche )
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T
Sympa cette petite ballade ! on y découvre tout une palette de personnages sans se fatiguer !bon we. Tifet (ah c'est vrai qu'en Egypte dimanche c'est pas dimanche )
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J
si tu veux voir autre chose que la plage ,la prochaine fois tu m'enmène avec toi !tu verras les peintures mises sur mon blog ! et on ira manger du poison chez samackmak jute en face !
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