Chaudes répétitions

Publié le par nagui chehata

Pour pouvoir répéter au Caire, une troupe a du mal à trouver un lieu intime où on répétera comme on veut. Les contraintes sont multiples : Beaucoup de scènes qui dépendent du gouvernement sont occupées par d’autres troupes. Le patron a commencé donc à répéter au centre culturel allemand au centre ville où les conditions de travail étaient parfaites. Puis, la troupe a dû changer de lieu parce que les locaux étaient occupés. Le patron s’est vu alors devoir répéter dans un théâtre en plein air au parc el Azhar dont il avait parlé dans d’autres articles. Certes, c’est un excellent exercice pour la voix, mais, avec 40 degrés à l’ombre avec deux misérables ventilateurs sur scène, tous les acteurs ruisselaient sous leurs costumes qui ne sont pas non plus très appropriés pour cette chaleur ! Certes, le cadre est beau, mais quand on veut donner le maximum de soit sur scène, ces conditions de travail restent un énorme handicap surtout lorsque les répétitions durent plus que cinq heures ! Le comble, c’est qu’enfin, depuis quelques jours, le patron avec la troupe ont le luxe enfin de répéter dans le théâtre où ils joueront. Mais là aussi, surprise : Les locaux sont en restauration et l’état des coulisses est plus que pitoyable : On aurait dit que quelqu’un est venu exprès faire du vandalisme dans les lieux : Mais apparemment ce ne sont que les ouvriers qui préparent le terrain pour « moderniser » le théâtre. C’est la restauration à l’égyptienne : On casse tout puis on verra si Dieu le veut ! (et parfois la réponse de Dieu se fait bien attendre). Comme les locaux sont « en restauration » la climatisation l’est aussi : Imaginez que vous répétez votre rôle avec quarante degrés à l’ombre, enfermés dans une boite cassée, avec de l’air chaud qu’un climatiseur bruyant s’acharne à cracher sur scène. Ajoutez à cela la chaleur des projecteurs braqués sur vous pendant cinq heures chaque jour. Vous pouvez imaginez que le patron a bien hâte que le jour J arrive pour en finir avec  cette torture à petit feu. Le comble c’est que, il y a deux jours, alors que le patron répétait sur scène, et que, perché sur sa haute chaise, il avait le dos au public (c’est dans le rôle), il sent une bestiole se promener sur sa jambe, et qui monte tranquillement le long de sa jambe : Il commence à bouger la jambe très discrètement pour ne pas interrompre la générale en court. Mais la bête continue sa promenade tranquillement. Il se dit que ce sont probablement de grosses fourmis vu la taille de la chose qui bouge vers sa cuisse. Il agite de nouveau son pantalon mais n’arrive pas à s’en débarrasser. Il panique alors lorsqu’il pense que c’est probablement un cafard : il a des phobies de cafards le patron. A un moment donné, la bête arrive au niveau du genou puis commence à se diriger tranquillement vers sa cuisse. Là, il n’en peut plus, il l’attrape sous le pantalon, l’écrase contre sa cuisse, frissonne lorsqu’il s’aperçoit que ce n’est probablement pas un cafard non plus, secoue encore un coup son pantalon pour continuer à jouer son rôle le plus majestueusement possible. Ça y est, la bête glisse et tombe. Une folle envie de regarder vers le sol mais il préfère continuer son rôle sans laisser apparaître quoi que ce soit. Une fois la générale terminée, le patron lance à ses amis qu’il sentait quelque chose se promener sur sa jambe. Là-dessus, les filles se mettent à hurler, en lui criant que c’était un lézard qu’elles avaient vu se promener sur sa veste d’abord lorsqu’il disait son texte, qu’elles avaient envie de le lui dire mais qu’elles n’avaient pas osé non plus interrompre le jeu, et que c’est probablement ça qui se promenait le long de sa jambe. Le patron sent un frisson lui traverser le dos, descend vite de sa chaise pour enfin  trouver le cadavre d’un lézard qui git sur le sol juste au pied de la chaise. Une drôle de sensation lui traverse alors le corps, comme si des milliers de lézard se promenaient encore sur lui. Il n’a qu’une envie : rentrer le plus vite chez lui pour passer des heures sous la douche et essayer de se débarrasser de tous ces petits lézards qui lui traversent l’âme. Mais, il doit encore attendre des heures pour des discutions, des recommandations, des réglages de lumière, quelques touches supplémentaires pour les poupées qui joueront, elles aussi, sur scène avec la troupe. Il faut aussi attendre le maquilleur pour essayer les costumes, avec le maquillage, la lumière. De temps en temps, la troupe entend le son entrecoupé des lézards qui envahissent le théâtre. Apparemment, c’est la saison d’accouplement chez ces bestioles !

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J
Alors....c'était comment? Super, j'imagine. Dis-nous tes impressions. A bientôt.
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J
Dur-dur le métier de comédien! Quelle expérience! En tous cas, le décor est magnifique. La générale est toute proche...je te souhaite beaucoup de bonheur.
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L
on ne sera pas en egypte à cette période mais on pensera à toi pour la première !!! on rajoute un "merde" à tous les autres. bon courage et tiens-nous au courant de l'histoire et de ton rôle . gros bisous .on est de tout coeur avec toi .
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H
Beau recit Nagui,merci
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Z
Donc un rôle important comme dans la vie ....
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