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Publié le par nagui chehata

Le patron va finalement raconter de quoi parle la pièce puisqu’il l’a aussi fait à la télévision. Maintenant que c’est rendu public et qu’il ne reste plus qu’une soirée au Caire avant de descendre vers le sud pour la jouer encore deux fois. La pièce est en fait deux pièces mises ensemble : La première c’est La Conférence de Presse de l’écrivain anglais Harold Pinter  disparu il y a un an. La deuxième c’est La Mère de  Dario Fo.  Le patron a le rôle du ministre de la culture interviewé par cinq journalistes et où il leur explique sa politique de culture dictatoriale refusant tous les avis contraires à sa politique. Une politique où l’on considère les enfants comme menace grave s’ils sont issus de familles « dangereuses ». Politique qui essaye de formater les enfants et s’ils s’y opposent, une mort impitoyable les attend. Le ministre dit son discours sur le ton le plus autoritaire, le plus menaçant possible mais aussi très convaincu de l’importance de son rôle dans la société comme si, sans son intervention « divine » la société en entier sera rongée par les termites. En même temps que cette conférence de presse se déroule entre le ministre et les journalistes accompagnés de poupées terrifiantes qui ajoutent un aspect de cauchemar au discours du ministre, une dame rentre sur scène, abasourdie par cette cacophonie de la conférence de presse qui se répète à trois vitesses différentes devant ses yeux affolés. Elle essaye d’interrompre la conférence de presse à plusieurs reprises mais n’y arrive pas vu le ton supérieur du ministre et l’indifférence totale des journalistes. Puis, enfin, la conférence de presse s’arrête tout d’un coup pour laisser place au monologue de cette mère qui découvre, grâce à la télé que son fils vient d’être arrêté en tant que terroriste ayant tué un officier. Sous le choc de la terrible nouvelle, elle commence alors un monologue où elle remet en question tous les principes éducatifs qu’elle a essayés de donner à son fils. Comment ça se fait qu’avec toute cette éducation exemplaire, le fils soit devenu un terroriste ? Est ce la faute de la société, où est ce la sienne ? Elle n’y trouve aucune réponse ! Lorsqu’elle raconte sa visite à la prison pour voir son fils la première fois et les humiliations qu’elle a rencontrées juste pour avoir le droit de lui rendre visite, lorsqu’elle parle de cette rencontre avec son fils torturé, le visage défiguré, les doigts des deux mains brisés, le patron, qui, tout au long du monologue de la mère reste sur sa chaise haute mais dos au public à les larmes aux yeux. Pourtant, il doit rester fort parce qu’il se transforme soudain en juge impitoyable qui préside le jugement du fils. Des bribes de phrases dites ensemble pour jouer cette scène qui finit par un drame terrible. De peur que son fils sombre encore plus dans des accusations,  elle essaye de lui fermer la bouche, mais elle finit par l’étrangler. Lorsqu’elle s’aperçoit que son fils est mort entre ses bras, elle le présente au juge en lui disant : Voilà, monsieur le juge, j’ai retrouvé mon fils ! J’ai fait mon devoir en tant que citoyenne exemplaire : j’ai tué mon fils ! Il est mort dans mes bras !

http://www.youtube.com/watch?v=CriqTF1oTuE

(vidéo filmé par Josiane lors de la première le 21 juillet 2009) 

 

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Y
Eh bien Nagui, quelle star tu fais!! Super!
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Z
Max Gayet pourrait vous "coacher" pour utiliser un mot à la mode!
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J
difficile de faire du sous titrage ,moi et nagui ne sommes pas encore des as de l'informatique Zénobie !<br /> a part ça je t'aurais bien suivi a Minia !
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Z
Eh bien !!! Pas banal comme argument. Si jamais il en sort un DVD, tu m'en mets un ce côté; je doute fort que cela puisse traverser la Méditerranée.<br /> Bravo d'avoir participé à cette performance, ça a dû être une expériences fabuleuse.Sur le petit bout de vidéo, j'ai trouvé la mère formidable de vérité, même si je n'ai pas tout compris. Et oui, ça serait bien qu'il y ait un sous-titrage pour les béotiens :)<br /> Bon dimanche Nagui, bises<br /> Claire
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