contradictions le long du Nil

Publié le par nagui chehata

La pension de la joie a eu le plaisir de recevoir dernièrement la visite d’une très chère amie, ancienne cliente, bloggeuse (alsacenprovence), Jo ! Ceux qui lisent régulièrement les nouvelles de la pension de la joie se rappelleront que Jo était de passage à la pension au printemps de cette année et que depuis, une forte amitié est née entre les deux blogueurs. Cette fois-ci, Jo était invitée par une amie à elle guide touristique et a habité lors de ce séjour à Réhab. Mais, le patron laissera la plume à Jo elle-même pour qu'elle raconte ses impressions sur ce voyage. Comme elle est quand même restée très attachée à la pension de la joie, à ses chats ainsi qu’à son patron, elle est venue passer quelques jours à la pension, histoire de retrouver ses vieilles habitudes, faire des folies encore avec son chat préféré Pucci avec lequel elle avait tissé une grande amitié. C’était aussi l’occasion pour que leur amie commune, Josiane (ballade égyptienne) qui est le lien entre les eux amis, puisse faire quelques sorties et faire découvrir et à Jo et au patron des endroits qu’ils ne connaissaient pas encore ! Eh oui : Le patron n’a pas honte de dire qu’il a découvert beaucoup d’endroits en Egypte grâce à ses amis français qui souvent connaissent son pays mieux que lui.

Ce fut le cas donc hier, lorsque Josiane (ballade égyptienne) propose à ses deux amis de visiter el Kanater, ce lieu  situé au nord du Caire et qui était un barrage important pour le Nil avant la construction du haut barrage d’Assouan. Pour y aller, rendez-vous presque devant la maison de la radio et de la télévision égyptienne, juste sur le Nil pour prendre le seul bateau de la journée  qui fait le lien entre le Caire et Kanater. Malgré des embouteillages monstres, le patron et Jo ont quand même réussi à arriver à l’heure et y sont montés avec Josiane et des centaines d’égyptiens qui ont eu la même idée de passer ce dimanche dans les jardins de Kanater. Il faut dire que le niveau social de ces égyptiens là est loin d’être celui que le patron fréquente. Ce n’est pas par snobisme, mais l’écart culturel est devenu tellement grand entre les différents niveaux de la société que le patron passait plus pour un touriste que pour un égyptien, surtout parce qu’il était aussi accompagné de ses deux amies françaises et qu’il parlait en français avec elles. Quoique ses grands parents aient appartenu à ce même niveau social, mais, l’éducation que le patron a eu, la sphère sociale qu’il fréquente, n’ont fait qu’augmenter ce sentiment de non appartenance. Parfois le patron a honte de se sentir si loin, malgré les milliers de petites choses qui le rapprochent de ses Co-voyageurs. Il a passé son temps à essayer de se concentrer sur le paysage qu’il voyait filer des deux cotés du Nil : La tour du Caire au sommet de laquelle il avait ramené ses amis gaulois en hiver, les restaurants sur le Nil qui coutent une fortune où il a parfois mangé avec d’autres amis, les somptueuses villas sur le Nil comme celle de l’ambassade du Vatican où il avait assisté à des soirées de luxe il y a plusieurs années. Mais souvent, ses pensées se détournaient grâce à un sourire d’enfant qui le regarde amusé, ou grâce à une blague dite par l’une de ses voisines de banc sur ce bateau. Il a beau avoir eu la chance de fréquenter d’autres milieux, il ne pouvait pas non plus ne pas se sentir appartenir à ces gens qui se dirigeaient comme lui vers Kanater pour passer une journée en toute simplicité. Toute sa journée allait être marquée par ces contradictions qui forment la société égyptienne. Comme lui, le Nil en est témoin : Une fois sorti du Caire, le patron découvrait les contrastes flagrants qui bordent le Nil. Des Villas somptueux, suivies de bidon ville où la classe ouvrière s’entasse mélangeant musulmans et chrétiens. Puis, petit à petit, la verdure commence à prendre plus de place, pour laisser apparaître de temps en temps, une petite maison qui sort d’on ne sait d’où dans laquelle vivent des gens en toute simplicité. Les deux Josiane et le patron ne pouvaient pas s’empêcher de s’émerveiller face à telle où telle maison, espérant qu’un jour, ils auraient les moyens de pouvoir profiter du calme du Nil et vivre ainsi en toute simplicité au bord de ce fleuve légendaire. Puis, arrivaient d’autres moments où le patron sentait le sang lui bouillir dans les veines quand il voyait les usines construits juste sur les berges du Nil et qui crachent, tout bonnement, de tonnes de fumées noirs qui se dirigent tout naturellement vers le Caire. Il a beau essayé de savoir de quel usine il s’agissait, mais aucune enseigne sur les murs de l’usine : Produits chimiques ? Ciment ? Il ne le saura jamais. Tout ce qu’il a pu constater c’est que les cheminées crachaient en continuation, peut être nuit et jour, de la fumée noire ! Puis l’on s’étonne pourquoi l’Egyptien moyen ne veut pas faire le moindre effort et ne pas jeter ses ordures dans la rue ! Longue discussion avec Jo où le patron a expliqué son point de vue : tant que les égyptiens ne sentiront pas que le gouvernement, lui-même; ne fait pas sa part de protection de l’environnement, tant qu’ils verront que le gouvernement facilite aux investisseurs de polluer encore plus le pays, les égyptiens ne feront jamais l’effort de ne pas jeter leur poubelle dans la rue. Heureusement, la nature est forte : malgré toute cette pollution, l’instinct à la vie est là et reste éternelle. Le patron ne pouvait pas ne pas s’émerveiller face à la verdure qu’il voyait le long du Nil, et au fur et à mesure que le bateau avançait vers Kanater,  la nature devenait de plus en plus belle et merveilleuse. C’est en observant la nature et ce désir de survie, malgré toutes les difficultés, que le patron puise sa force quand il passe par des moments difficiles.

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N
@Richad, merci pour ton message: tu sais, ici c'est tellement compliqué entre habitants d'un même immeuble ! alors pour penser que faire un truc au niveau quartier c'est utopique ! mais bon, l'idée est bonne et je la garde quelque part. <br /> @gaulois, c'est promis que je raconterai la suite de kanater mais là je suis trop pris pour les préparations du voyage. donc l'article aura une suite certes !
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L
Tu nous laisses sur notre faim...pas de photo de Kanater !!!on dirait que l'article n'est pas terminé , on attend la suite !!
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R
Bonsoir m. Nagui. Encore une fois votre histoire est tres agreable a lire. Vous semblez avoir fait une belle promenade avec vos 2 amies. Il est heureux pour les egyptiens qu'un endroit tel que El Kanater existe pour pouvoir profiter d'un moment de relaxation. Par ailleurs Je crois comprendre votre grande frustration concernant le comportement de vos compatriotes face a la proprete, le Caire etant une si jolie ville. Je suis d'accord avec vous qu'il est impossible d'esperer que 20 millions de cairotes puissent amorcer un changement d'attitude lorsque le gouvernement ne montre pas l'exemple. Ne pouvez-vous pas initier vous-meme avec des amis un tel changement mais a echelle reduite dans votre quartier aupres de vos voisins?? Peut-etre que votre histoire pourrait etre reprise ailleurs dans d'autres quartiers du Caire?? On ne sait jamais!!
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J
et oui c'est ça l'Egypte ,d'ou l'intéret de sortir de sa bulle ,bon voyage ,n'oublie pas les loukoums et les pistaches
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J
Oui Nagui ce fut une super journée ! il y en aura d'autre, car un elastique géant me ramène tjrs à la pension de la joie ! hihiiiii gros bisous mon Nagui
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