H1N1?

Publié le par nagui chehata

Un appel téléphonique à la pension de la joie : le cousin du patron lui annonce que leur célèbre tonton, le grand sculpteur égyptien souffre de forte fièvre après son retour d’un séjour du Maroc. Ses collaborateurs se sont inquiétés et ont décidé de le transporter à l’hôpital pour voir ce dont il souffrait. Dans ces cas, et avec la menace de la grippe porcine, il est conseillé d’amener le patient à un célèbre hôpital au Caire. Bref, après consultation, on lui prescrit des médicaments, et sans lui faire la moindre analyse pour s’assurer qu’il n’avait pas la grippe porcine, on l’envoie à un autre hôpital à l’autre bout du Caire. Deux heures après, il arrive à l’autre hôpital et là, on lui dit qu’ils ne pouvaient pas le garder parce qu’ils n’avaient pas d’étage pour les isolations ! Là-dessus, les amis du tonton profitent de ses connaissances hautes placées et appellent le ministre de la culture, grand ami du tonton. M. le Ministre de la culture le mets alors en contacte directement avec M. le Ministre de la Santé qui conseille de se diriger vers un troisième hôpital, à l’autre bout du Caire (encore) où il y aurait, apparemment, une cellule de crise pour les cas suspects de grippe porcine. Au bout de six heures de trajets, tremblant de fièvre et presque dans un état de choc, le fameux sculpteur égyptien arrive à l’hôpital et on lui consacre un superbe chambre. Le lendemain, le cousin du patron téléphone au patron pour lui dire que les analyses étaient heureusement négatives, et que le tonton ne souffrirait donc pas de grippe porcine mais d’une forte infection pulmonaire. La maman du patron ainsi que le patron lui-même, son cousin accompagné de sa femme, tous se dirigent alors enfin en ce premier jour du ramadan vers l’hôpital pour voir le tonton et prendre de ses nouvelles, maintenant qu’il n’y avait plus de risque de contamination. Arrivé devant l’hôpital, le patron voit un super bâtiment brillant neuf. Ils y entrent, pour se trouver dans un grand hall, presque vide, où un seul employé se trouve derrière un bureau. Dans ce premier jour du ramadan, une voix d’un prieure récitant les versets du coran raisonne à fond la caisse dans le hall de cet hôpital. Le patron a du mal à entendre l’employé qui lui indique que le tonton était au sixième étage. Bref, le patron se prête à se diriger vers le fond du hall à la recherche d’un ascenseur, mais on lui dit qu’il faut d’abord payer trois livres pour la visite du malade, le prix du billet de la visite. Une employée étalée sur une table prend l’argent sans regarder le patron et lui arrache machinalement un bout de papier en guise de billet. Le patron repart à la recherche de l’ascenseur, son billet de visite à la main, suivie de sa mère, effarée du son du téléviseur qui hurle sa prière. « On est quand même dans un hôpital, lance la mère du patron scandalisée par ce non respect du silence. » Ils recherchent en vain l’ascenseur mais ne trouve qu’un qui monte au troisième étage. Le patron revient à l’employé du hall pour redemander où se trouvait l’ascenseur pour le sixième. D’un geste de la main, il lui indique c’est au fond puis à droite sans même daigner regarder le patron. Scandalisé par cette nonchalance générale, le patron insiste que l’employé vienne pour lui indiquer le chemin de cet hôpital désert parce qu’il n’avait pas envie de trainer sa mère qui n’est plus de la première jeunesse en avant en arrière sans raison. L’employé se lève,  traine des pieds, va au fond du hall  effectivement, tourne à droite, puis continue à marcher, ouvre une porte, tourne encore à droite, et là, arrive enfin à l’ascenseur. Le patron regarde quelques traces de sang séchées par terre, entends des gens qui se disputent au sous sol (des employés peut être ?) Bref. Il arrive enfin avec sa mère au sixième étage. Ils sortent de l’ascenseur, observent avec inquiétude l’absence de tout être humain de l’étage, se dirigent vers la chambre numéro 601. Une infirmière à la porte leur donne un masque et leur demande de le porter. Ils entrent, saluent le tonton, trouvent d’autres personnes chez lui. Puis, l’infirmière rentre pour lui faire une prise de sang. La mère du patron lui demande la raison, l’infirmière lui dit qu’en fait, l’échantillon avec lequel le teste de la grippe porcine n’était pas bon et qu’il fallait le refaire !

« Vous voulez dire qu’il peut être atteint vraiment de grippe porcine ? Lui lance terrifié le patron.

-         Inchallah tout ira bien, et le test sera négatif.

-         Mais au cas où ça serait positif ?

-         Ben, dans ce cas, vous devriez rester avec nous ici dans l’étage d’isolation pour dix jours ! D’ailleurs je ne comprends pas comment on vous a laissés monter ici. En principe, la visite n’est pas permise pour les patients de cet étage puisqu’il est consacré pour les cas de la grippe porcine ! »

Le patron regarde alors sa mère, puis son cousin, puis les autres personnes présentes dans la chambre numéro 601. Il a l’impression que c’est une blague. Mais apparemment ce ne l’est pas. L’infirmière très sérieuse continue son discours :

« Vous savez, l’autre jour, un couple qui revenait d’un voyage de noce, tous les deux ont été atteint de grippe porcine et ont passé chez nous dix jours. Le père de la mariée venait lui apporter de bons petits plats qu’il lui laissait devant la porte de la chambre, puis repartait, pour ne pas être contaminé lui aussi. Moi je ne comprends vraiment pas comment on vous a laissé entrer ainsi sans rien vous dire ! Mais bon, il faut laisser tout entre les mains de Allah ! Tenez, moi je suis enceinte et on me fait travailler avec les cas de grippe porcine ! Il faut avoir confiance en Dieu !

-         Ok, mais nous maintenant qu’est ce qu’on fait relance le patron ? On doit attendre les résultats pour savoir si on peut repartir ?

-         Les résultats n’apparaitront que ce soir. Vous, vous pouvez faire ce que vous voulez ! De toute façon, les médecins qui s’occupent de cet étage ne viendront que ce soir, après l’iftar, puisque nous n’avons que Monsieur Adam (le tonton du patron) malade ici. »

Le patron alors regarde sa mère, puis son cousin, puis sa mère de nouveau. Puis, tous éclatent dans un fou rire : tout cela leur paraissait fou ! Le rire se propage dans la chambre et pour surmonter cet angoisse qui les envahissait petit à petit, ils décident de tourner tout cela à la dérive : Le patron sort son appareil photo et commence à prendre tout le monde en photo juste pour le souvenir : Puis, la mère du patron se lève, se dirige vers frère malade, l’embrasse et lui dit qu’elle repassera le lendemain. « Yala, partons ! » Le patron la regarde ahuri ! Ils ne vont tout de même pas rentrer ainsi sans savoir les résultats des analyses. Eh ben si, ils saluent les autres visiteurs qui commencent à affluer dans la chambre 601 pour visiter le grand sculpteur Adam Henein. Si les résultats du test s’avèrent positifs, nombreux ceux qui seront dans la merde ! Mais, comme dirait l’autre : Inchallah, tout ira bien ! Bien tard le soir, le téléphone de la pension de la joie sonne : Test négatif !

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D
<br /> Exellent travaille! Ceci a laire d'une vraiment amusant avanture.J'espere que tu t'amuse!!<br /> <br /> <br />
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J
<br /> ne vous inquiétez pas notre nagui va bien ,je viens de l'avoir au tél , juste un coup de paresse !<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Hey mon Nagui, tout le monde te réclame !<br /> Reviens sur scène !!!!<br /> Bisoussssssssss<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Aucune nouvelle du Caire depuis 2 semaines...J'espère que tout va bien?<br /> <br /> <br />
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J
ho tu es passé ou ! y a pas d'école jusqu'a la st glinglin !donc tu peux ecrire ! t'a quand mème pas chippé cette grippe ?
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