Samedi 4 juillet 2009

Le patron de la pension de la joie vient de passer trois jours assez particuliers. Il a été invité dans un hôtel cinq étoiles pour un congrès. L’hôtel est situé dans ces nouvelles villes qui sont entrain de pousser de tous les cotés autour du Caire. Celui-là en particulier est situé dans une nouvelle ville qui s’appelle « six octobre » date symbolique de la « victoire » sur l’armée israélienne durant la guerre de 1973. Bref, depuis cette « victoire », cette date est devenue, entre autre, le nom d’un pont qui relie le Caire du nord au sud, de plusieurs nouvelles villes, etc. L’Etat a laissé libre court aux investisseurs d’envahir le désert avec ces villes fantômes, où des habitations de luxe choquent l’égyptien moyen qui passerait par hasard dans ces lieux. La ville du Six Octobre est considérée parmi les plus avancées au niveau des constructions et est réputée aussi grâce à la fameuse ville de la production des médias (qui appartient à un riche investisseur égyptien) et qui n’est qu’un grand Hollywood où la plupart des films égyptiens sont tournées. Du coup, des hôtels de luxe ont poussé juste à coté des studios pour offrir aux stars égyptiens un logement, de luxe bien évidemment, à proximité de leurs lieux de tournage. C’est donc dans un de ces grands hôtels de stars où le patron à passé trois jours pour assister à un congrès. Ce qui choque toujours le patron quand il va dans ces lieux de luxe c’est justement l’exagération du luxe comme si les hôtels, pour attirer une clientèle plus nombreuse, tombent dans la folie des grandeurs. Hôtel donc avec trois piscines, chacun a des profondeurs différentes pour donner l’occasion à toutes les tailles humaines de pouvoir jouir de l’eau sans trop se noyer. Chambres spacieuses où tous les conforts imaginables sont offerts : câbles pour internet (au cas où le client fortuné aurait apporté avec lui son ordinateur portable), ce qu’avait fait naturellement le patron. Mais lorsqu’il a demandé les prix pour la connexion internet, il est presque tombé dans les pommes : La minute coute quatre livres égyptiennes, et si le client a besoin de la connexion vingt quatre heures sur vingt quatre, il n’a qu’à payer la petite somme de cent cinquante livres par jour ! Le patron a préféré alors ranger son ordinateur dans son sac, pour attendre tranquillement son retour à sa petite pension et se connecter à des prix mille fois plus raisonnables que ceux-là. Bien évidement, dans la chambre il y a aussi un mini bar rempli de toutes les tentations inimaginables qui feraient craquer tout client gourmand ! Bières bien fraiches – la plus grosse tentation du client- chocolats différents – autre grande tentation – bouteilles d’eau dont le prix a fait sursauter le patron : La petite bouteille d’eau minéral coute sept livres égyptiennes alors qu’elle ne coute qu’une livre à l’extérieur de l’hôtel ! Le patron a décidé alors d’oublier qu’il avait ce minibar dans sa chambre pour protéger son portefeuille ! Le patron ne peut pas non plus ne pas parler des buffets ouverts où les clients peuvent se goinfrer à volonté. Le patron là a craqué : il ne pouvait pas résister au buffet des desserts et s’en est servi à volonté surtout que c’était vraiment délicieux. Le soir, une danseuse vient animer les soirées, non pas dans les chambres des clients (il ne manquait plus que ça !) mais dans une des terrasses où les clients peuvent fumer la chicha tranquillement après un diner copieux. Trois jours de grand luxe en somme, mais, comme à chaque fois, le patron s’est senti mal à l’aise dans ce lieu anonyme et sans âme ! A son retour à sa pension, il était bien content de retrouver ses chats qui l’attendaient tendrement, sa chambre sans minibar, son frigo presque vide, sa salle de bain avec ses gels douches, son bacon avec ses plantes assoiffées. Bref, il a remis un peu d’ordre à la pension surtout qu’il attendait l’arrivée de son client fidèle qui est arrivé à l’aube pour passer les vacances d’été dans sa pension préférée ! Les grands hôtels peuvent se mordre les doigts : il y a des gens qui préfèrent bien la simplicité.

Par nagui chehata
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Mardi 30 juin 2009

Les rues du Caire, notamment du centre ville, sont pleines d’endroits cachés où dorment de vieilles histoires, telle La Belle au Bois qui ne cherchent qu’à se réveiller grâce à un baiser magique. Samedi, après une merveilleuse journée passée à la piscine, le patron a eu un appel d’une amie l’invitant à passer une soirée dans un cabaret Rue Alfi au centre ville. Le patron avait entendu parfois le nom de cette rue mais il ne s’y était jamais aventuré et ne savait surtout pas où la situer. Il n’avait pas non plus entendu parler d’un cabaret dans ce coin de la ville. Il sait que les cabarets se trouvent plutôt avenue des Pyramides où les richissimes arabes du Golf viennent passer des nuits de folie en dépensant des sommes monstres pour voir telle ou telle danseuse du ventre. Pour le patron, il n’a jamais eu l’occasion, ni l’envie de découvrir ces lieux où la chair humaine devient un produit à qui paie le plus. Mais, cette fois-ci c’était différent : il ne s’agit pas d’une soirée ordinaire, ni d’un cabaret à l’égyptienne : Le centre culturel espagnol avait programmé un spectacle invitant trois artistes espagnoles « Les Divinas » pour animer une soirée cabaret comme dans les années quarante en Europe ! Pour cela, l’organisateur avait choisi un lieu insolite : un vieux cabaret fermé depuis des dizaines d’années. Il fallait bien demander à plusieurs magasins avant de tomber sur quelqu’un qui connaissait bien l’endroit puisqu’il y avait travaillé jadis en tant que serveur avant que le cabaret ne ferme ses portes. Une fois arrivé devant le cabaret, le patron est tombé sur une enseigne « Théâtre Shehrazad », un tapis rouge crasseux couvrait les marches de l’escalier qui emmenait les visiteurs au deuxième étage. A l’intérieur, c’est le choc le plus incroyable qu’on puisse avoir : Le patron a eu l’impression d’être retourné soixante ans en arrière : une salle de théâtre très joliment décorée avec des dessins et une architecture kitchs, des tables autour desquels des groupes de gens discutaient, une piste au beau milieu de ce monde sur laquelle des couples habillés à l’ancienne faisaient des pas de danses d’une autre époque. Puis au fond, une scène illuminée sur laquelle jouaient les musiciens un air de Jazz que beaucoup de personnes semblaient connaitre. Un brouhaha monstre tourbillonnait dans la salle et le patron, ainsi que l’ami alexandrin qui l’accompagnait avait du mal à en croire leur yeux ! Quelle opposition avec les scènes de la rue, juste à deux mètres de là, où le peuple était assis sur les bancs et sur le gazon du petit parc, les femmes couvrant leur tête, leur bras, leur yeux, et tout ce qu’elles pouvaient couvrir, les hommes assis en bandes observant tel ou tel bout de jambe qui apparaitrait par hasard d’une fille aux pas pressés. Ici, dans le cabaret, un autre monde vivait à cent à l’heure. Des filles super sexys se promenant entre les tables pour vendre des paquets de cigarettes, des serveurs portant des bouteilles de bière ou de vin à une clientèle qui s’éclatait avec un spectacle d’un autre monde : Les Divinas sont vraiment divines ! Des chansons à faire danser ceux qui ne savent rien en danse, des paroles suaves, des mouvements équivoques, bref, on ne se croirait certainement pas en Egypte, ou, du moins, pas en Egypte en 2009. Les Divinas ne chantaient pas seules : The Riff Band, un groupe très connu en Egypte dans lequel chante un super ami au patron, Ahmed Harfouch. Lui aussi, chante du Jazz depuis des années et est devenu une célébrité dans ce milieu là. Harfouch était tout content de voir apparaître devant lui le patron qui l’a surpris en le prenant en photos. Puis, pour le plaisir du patron, ils ont posé ensemble pour une photo souvenir ! Pour ce soir là, le patron avait vraiment envie de boire une bonne Stella fraiche, surtout que les jus que le cabaret offrait étaient dégueulasses. Il s’est laissé alors allé au plaisir d’une bonne Stella, juste une, la buvant avec beaucoup de plaisir. Une soirée qui a fini en beauté et malgré la fatigue du patron de sa journée piscine, il s’est déchainé sur scène jusqu’à une heure bien tardive de la nuit. Les Divinas sont reparties en Espagne, mais grâce à cette soirée, ce cabaret commencera une nouvelle vie maintenant que les organisateurs ont découvert ce lieu hors du temps. Plusieurs projets y verront le jour. Une gloire du passé resurgira d’entre les cendres. Le patron est parti de ce lieu magique, décidé d’y retourner en plein jour très bientôt pour essayer de prendre quelques photos et raconter l’histoire de ce cabaret.

Par nagui chehata
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Lundi 29 juin 2009

Le patron de la pension de la joie souhaite remercier tous ceux et celles qui ont honoré par leur présence la pension, soit par leur commentaires sur le blog, soit par leur séjour à la pension, la petite vie du patron. Il profite du deuxième anniversaire du blog pour souhaiter à tous ceux et celles qui n’ont pas encore visité physiquement la pension de la joie que cette année se concrétise leur vœux d’une visite toute particulière pour L’Egypte. Le patron fera tout son mieux pour que cette visite reste à jamais graver dans leur mémoire ! La pension de la joie se veut toujours un lieu d’ouverture et de joie !

Par nagui chehata
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Lundi 29 juin 2009

Il y a des jours où l’on a envie de ne rien dire. Juste se taire, et vivre comme vivrait un cactus. Pourquoi un cactus ? Parce que souvent le patron a observé ces cactus. Ils sont là, immuables pendant des jours, voire des semaines, sans donner le moindre signe de vie. Parfois même on se demande s’ils vivent ! Ils sont là, vivent sans eau, ou juste avec quelques goutes qui leur tombent d’on ne sait d’où. Puis, un jour, un nouveau petit bourgeon apparaît. Une fleur magnifique se prépare, se développe, puis s’ouvre éclatante comme pour défier la sécheresse et la monotonie de la vie. C’est ce qu’a vécu dernièrement le patron de la pension de la joie. Pendant deux semaines, il n’avait absolument plus rien à raconter. Tout lui semblait d’une banalité et d’une monotonie suffocante. Il guettait la moindre goutte de joie, mais le ciel du bonheur semblait se fermer à jamais. Puis, un beau jour, la vie décide de remettre toutes ses couleurs : Le patron était, pendant tout ce temps de silence, resté fidèle à lui-même : il savait que le bonheur venait toujours avec le partage des petits plaisirs de la vie avec les autres. Chaque fois qu’il sortait, il envoyait une vingtaine de messages à ses amis pour les inviter à se joindre à lui et assister à telle ou telle soirée. Même s’il se sentait vide, même s’il pensait qu’il n’avait rien à leur donner, que sa compagnie n’était plus agréable ni joviale, il continuait à le faire, espérant qu’un jour la fleur défiera la sécheresse. C’est ainsi qu’il a pu passer une journée magnifique avec quelques amis au Mohamed Ali club, ce lieu dont le patron a souvent parlé sur son blog. Cette fois-ci, grâce au nouvel appareil photo que sa copine Josiane (ballade égyptienne) lui avait ramené de France, le patron s’est amusé à prendre plein de photos et à essayer toutes les possibilités que son nouvel appareil lui permettait de faire. Après les trois jours de grosse chaleur que le Caire a vécus, le temps était magnifique et la légère brise qui faisait bouger les feuilles des arbres était plus qu’appréciable. Une journée en toute simplicité, durant laquelle le patron et ses amis ont eu l’occasion de rigoler, de papoter, et surtout de parler profondément de beaucoup de choses qui les tourmentaient. Ces bavardages sur le Nile étaient un vrai moment de bonheur. Chacun avait besoin et envie de vider les petites tristesses qui remplissaient la vie. Ce sont ces moments là où on se sent libres et légers, prêts à affronter d’autres mois de sécheresse aride. Petit à petit, prend place alors un début d’optimisme, une force qui renait comme si elle était passée de l’un à l’autre par un mystérieux système de vases communicants. Alors, la vie commence à redevenir belle, les petits moments de la vie retrouvent leur charme et chaque instant redevient émerveillement !

Par nagui chehata
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Jeudi 18 juin 2009

La pension de la joie retrouve ses activités d’accueil petit à petit, après une période d’accalmie. Un client américain devait venir passer deux mois à la pension, puis, après une longue correspondance via mails, il a disparu dans la nature sans même donner le moindre mot d’excuse ! Ça apprendra au patron de ne pas se fier aux cowboys qui passent dans le coin : ils restent, malgré tout, des COW boys !

Heureusement que la pension a ses clients fidèles, qui, après avoir gouté à l’ambiance joyeuse de la pension, y retournent régulièrement. C’était le cas d’Oussama, un cher ami du patron, qui, quoique habitant du Caire, a préféré passer une nuit à la pension avant de prendre son avion pour Paris. En effet, Oussama habite tout à fait au sud du Caire, pas loin des Pyramides, et devait se rendre à l’aéroport le lendemain, qui est, lui, à l’extrême nord du Caire. Comme la pension n’est qu’à sept kilomètres de l’aéroport, Oussama a préféré passer cette dernière nuit chez le patron. Connaissant les embouteillages monstres du Caire, surtout en cette période de l’année (quoique désormais cette période s’étend quasiment sur douze mois), embouteillages qui peuvent parfois durer des heures notamment lors du passage d’un certain Monsieur, ou l’un de ses invités, embouteillages donc qui peuvent faire rater tout rendez-vous.

Une soirée donc passée en tête à tête avec son grand ami, quelques discussions à refaire le monde, et papoter de leurs projets d’été. Le lendemain, le patron a accompagné Oussama au nouvel aéroport, tout nouveau tout beau, qui vient d’être inauguré et qui a pour nom Terminal 3. Une merveille architecturale immense digne d’une ville comme le Caire. Heureusement que Oussama avait pensé passer cette nuit à la pension, parce que, effectivement, tout au long de l’avenue de l’aéroport, des centaines de policiers étaient au garde à vous, non pour dire au revoir à Oussama, mais à l’occasion du Grand Monsieur qui allait probablement quelque part lui aussi. Oussama est donc parti passer deux mois en France, échappant ainsi à la grosse chaleur qui s’installe de plus en plus sur l’Egypte. Le patron lui, attend tranquillement actuellement l’arrivée d’un autre client fidèle : Bernard arrivera le 4 juillet ! La pension retrouve petit à petit ainsi une vraie vie de pension.

Par nagui chehata
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Mardi 16 juin 2009

Deux semaines déjà sans que le patron puisse trouver l’inspiration pour écrire sur son blog. A vrai dire, il vit depuis déjà plusieurs jours une grosse déception d’amitié : Une grosse dispute a éclaté entre lui et le majordome de la pension. Le patron évitera de raconter les détails et les raisons de cette dispute pour des raisons de discrétion. Mais, le résultat c’est que la pension et son patron sont sans majordome depuis déjà une dizaine de jours. Le patron a passé quelques jours déprimé comme réaction à cette discorde. Il n’en dormait pas. Puis, il s’est dit que la vie doit continuer malgré tout et que les déceptions en amour ou en amitié sont là pour être surmontées. Il doit maintenant s’adapter à un nouveau rythme de vie et retrouver des obligations qu’il avait léguées à son ex-homme de confiance. Des choses toutes simples que le patron faisait durant toutes les années qu’il avait vécues seul : arroser les plantes, faire le petit ménage, penser à ce qu’il va manger, faire les courses, faire la lessive, tendre le linge, le ramasser quelques heures plus tard pour éviter cette poussière grise et fine du Caire, cuisiner, changer la litière des chats, sortir la poubelle, veiller que le frigo soit plein, etc. Bref, un rythme de vie qu’il avait perdu. Il commence à trouver même du plaisir à retrouver toutes ces obligations. Heureusement que c’est l’été et qu’il a le temps de faire tout cela. Il ressort son cahier de recettes pour pouvoir cuisiner des plats sans cholestérol puisqu’il a découvert dernièrement, après avoir fait des analyses, qu’il avait un taux de cholestérol élevé et que son foi commençait aussi à en souffrir à cause des bonnes bières fraiches dont le patron est un grand défenseur. Résultat : Interdiction totale de boire d’alcool et régime obligatoire. Cette fois-ci, il sait qu’il perdra du poids, d’ailleurs il en a déjà perdu quelques kilos et c’est peut-être ça aussi qui lui donne la pèche. Ce qui est le plus dur évidement c’est le fait de ne plus boire : il apprend maintenant à apprécier le plaisir des jus d’orange dans les bars et les diners à l’eau ! Le seul inconvénient c’est qu’après des soirées bien arrosées au jus d’orange, le patron rentre à la pension complètement réveillé et a du mal à dormir la nuit. Bref, en deux semaines, bien des choses ont changé dans sa vie : plus de majordome, plus d’alcool et régime obligatoire ! Mais tout cela n’est que le début d’une nouvelle vie !

Par nagui chehata
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Mercredi 3 juin 2009

Le patron a l’impression parfois de vouloir volontairement vivre dans une bulle. Il évite de lire la presse égyptienne, regarde rarement les chaines de télé égyptiennes, vit tranquillement sans trop se soucier des tumultes sociopolitiques qui l’entourent. Cela peut choquer beaucoup de ceux qui l’entourent ou ses lecteurs. Mais, ça fait déjà plusieurs années qu’il a opté pour ce mode de vie pour pouvoir garder une certaine sérénité, moyen indispensable quand on veut survivre dans un pays comme l’Egypte. Il avait souvent entendu quelques amis et lecteurs du blog lui dire qu’il ne voyait que le coté rose de la vie en Egypte, qu’il essayait toujours de tout embellir. Certes, mais c’est un choix volontaire, comme le fait de tenir une boussole et la diriger vers ce qui est positif pour pouvoir avancer. Mais, parfois, malheureusement, les évènements de la vie le poursuivent comme un dragon des profondeurs des mers qui surgi à la surface et l’oblige à voir la vérité en face. Le monde politique ne l’a jamais intéressé. Il sait que derrière chaque idéal aussi positif soit-il, l’intérêt humain rentre en jeu et pourri tout effort d’investissement personnel. A quoi bon s’investir alors ? Vaut mieux vivre sur son nuage rose, s’extasier devant un sourire d’enfant, un bonjour affectueux d’un inconnu, ou tout simplement un chat roupillant sur les genoux d’un vieux rêveur. Mais, lorsqu’on vit en Egypte, et surtout lorsque le Président américain décide de visiter le Caire, le patron n’arrive pas à rester indifférent. Ce n’est pas le discours que la nouvelle star américaine prononcera, ni l’impacte politique sur le moyen orient ! Il s’en tape le patron ! C’est surtout les mesures de sécurité invraisemblables que l’Etat a prises pour le cortège de l’Américain. La Star américaine a eu l’idée saugrenue de prononcer son discours de l’université du Caire, au sud du Caire, dans un quartier extrêmement bloqué par la circulation et entouré de milliers d’immeubles. Mais pour en arriver là (comme dirait Dalida), il devra traverser le Caire en entier, du nord (là où se trouve l’aéroport) jusqu’au Sud. Du coup, une des artères principale qui passent tout près de la pension de la joie, la rue Khalifa el Maamoun, là où se trouvent des centaines d’immeubles de luxe, de milliers de magasins de tout genre, voire une université regroupant six facultés où des milliers d’étudiants passent actuellement leurs examens finaux, toute cette artère va vivre un moment unique : Ce n’est certainement pas la joie de pouvoir faire un petit coucou à la star américaine ! Bien au contraire : Tous ces édifices cités se sont trouvés avec des tractes distribué depuis deux jours leur interdisant ce qui suit : stationnement et circulation de voitures, ouverture de fenêtres et de balcon de tous les immeubles tout au long de la rue, promenade à pied dans la rue. En plus, il y a aussi la fermeture obligatoire des milliers de magasins de cette rue alors que ce n’est pas un jour férié ! Ces mesures seront appliquées à partir de neuf heures du matin jusqu’à dix sept heures. A remarquer que le stationnement dans la rue sera interdit depuis la veille. Quand on vit au Caire, et qu’on sait que les immeubles sont construits sans garage pour parking, qu’on est en plein été et qu’on ne peut même pas ouvrir les fenêtres pour aérer, qu’ aucun de ces magasins ne sera indemnisé pour sa journée de congé forcée, que l’université en entier a dû annuler des examens finaux et les déplacer retardés de quelques jours bousculant les étudiants dans leurs programmes de révision, on se demande bien pourquoi notre star américaine n’a tout simplement pas prononcé son discours qui changera le monde, et encore, de sa petite maison blanche ? Le patron lui, sera obligé lui aussi d’annuler toutes ses sorties ce jour là, restera tranquillement sur son balcon, qui ne donne heureusement pas sur la grande artère interdite, en espérant que ce cauchemar se termine le plus vite possible.

Par nagui chehata
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Mardi 26 mai 2009

Le patron est en vacances depuis déjà une semaine. Déjà ? Eh oui, lorsqu’on est professeur au Caire pour des classes du collège, et que l’Etat décide de terminer l’année scolaire le 21 mai, alors que les mêmes classes à Alexandrie, qui n’est qu’à deux heures du Caire, terminent le 10 juin, on se demande un peu avec quelle logique le ministère de l’éducation fonctionne. Apparemment, il ne faut pas trop se casser la tête parce qu’il n’y en a pas. Le patron est-il alors privilégié par rapport à ses collègues d’Alexandrie ou même par rapport à ses collègues des années supérieures ? Certainement oui si le patron était comme tout le monde. Mais le problème c’est qu’il n’est pas habitué à ce fare niente qui lui est imposé. Il invente donc des sorties mais parfois se trouve tout seul comme un con dans un endroit magique. Samedi matin, le patron appelle un chauffeur de taxi qu’il connait bien pour l’emmener au sud du Caire, dans un endroit de rêve : Le club Mohamed Ali, situé juste sur le Nil, en face du beau quartier de Maadi. Pour y aller, le patron traverse un des quartiers les plus pauvres du Caire : El Mounib. Quartier où il ne s’est jamais aventuré mais qui est réputé d’être un autre de ses grands bidonvilles dont le Caire est aussi réputé. Arrivé à la porte du Club, le décor change totalement : un oasis de paix et de sérénité s’offre à ses yeux. Pelouse merveilleusement taillée, palmiers se dressant dans toutes directions haut dans le ciel, comme pour narguer les habitants de l’autre coté de la rue et qui, eux, n’auraient probablement jamais la chance d’entrer dans ce paradis privé. Le club Mohamed Ali est l’Ibiza du Caire. Piscine merveilleuse avec jacuzzi, fontaine d’eau, chaises longues et parasols brandissant fièrement la marque Stella (la bière préférée du patron). A onze heures du matin, l’endroit est encore presque désert : deux trois couples d’amoureux, les uns se serrent dans la piscine, les autres bavardant tranquillement allongés au soleil. Nana en super bikini, mecs bien musclés qui friment derrière leurs lunettes de soleil de marque. Le directeur du club, Sayed, un grand gaillard chauve bien bronzé vient saluer avec un grand sourire le patron. « Kol sana wenta tayeb Monsieur Nagui », expression dite en toute occasion en Egypte. Kol sana wenta tayeb, traduit littéralement « Que chaque année tu sois en forme ! » Là, le retour du patron à la piscine était l’occasion d’or pour que le dirlo du club la lui dise. Le patron le salue, lui fait la remarque de nouveau sur cette musique insupportable qui gâche la paix et la magie du club. Le dirlo se fond en excuses et lui dit que les clients en veulent ainsi. Rien à faire, le patron a compris désormais qu’il devrait la subir toute la journée, espérant toujours qu’un client gueule un peu plus fort pour qu’on baisse la musique. Lui, il en a tellement gueulé l’année dernière pour cette manie de mettre une musique de m… au club, il s’était même énervé une fois et était parti du club au beau milieu d’une journée parce que le son devenait insupportable. Mais, pour survivre en Egypte, il faut désormais faire contre mauvaise fortune bon cœur. Le patron essayera de faire semblant qu’il n’y a pas de musique et tentera de s’amuser et de se relaxer malgré tout. Les heures avancent et les clients arrivent tranquillement, réveillés à peine après des nuits souvent courtes. En Egypte, les gens dorment tard, voire très tard, notamment en été. Le patron passe son temps à regarder les gens s’amuser. Un client excédé par la musique commence à gueuler, monte sur ses grands chevaux, téléphone au proprio de son portable. Le patron observe avec grand intérêt cette scène. Arrêteront-ils enfin cette musique assourdissante ? Ce client a-t-il assez de pouvoir au club ? La conversation traine en longueur, puis se termine soudain. Mais la musique continue pour un peu. Négociations entre le directeur et un groupe assis un peu plus loin. Puis, enfin, la musique s’arrête. Applaudissement du client excédé vers le groupe comme pour remercier. Un des mecs, un grand bien musclé, la frime à mort, lève le bras comme pour s’excuser. Le patron savoure enfin cette victoire. Mais ce n’est qu’une victoire éphémère : dix minutes plus tard, la musique reprend, moins forte, puis de plus en plus forte. Décidément, rien à faire. Il faut prendre son mal en patience. Que faire ? La chaleur devient insupportable. Un petit plongeon dans la piscine. L’eau est encore trop fraiche. Il remonte vite, commande une bonne Stella fraiche et se met à lire le magazine qu’une amie française vient de lui ramener de France. Au moins ça l’occupera un peu. Il envoie un texto à des amis pour qu’ils viennent le rejoindre mais tous sont occupés. Ben oui, normale : Quelle idée d’être obligatoirement en vacances en plein mois de Mai. Le temps passe, les bières s’entassent. Finalement le grand Frédéric arrive. Ils papotent un peu, parlent de la pièce que le patron venait de voir. Puis, comme Frédéric a encore des corrections puisqu’il travaille encore lui, au bout de deux heures, il repart. Le patron continue à consommer des bières. Il s’ennuie. Il pense alors à tous ces gens qui n’ont pas cette chance de passer une journée comme celle-là. Il a honte. Mais, si le patron n’est pas entouré de sa tribu d’amis, il ne sent pas bien. Il appelle alors son chauffeur de taxi pour lui demander de passer plus tôt que prévu. Il décide enfin de visiter le bâtiment en restauration permanente depuis plusieurs années. Ça l’occuperait un peu. Il s’aventure seul alors à l’intérieur de ce palais, découvre avec émerveillement un magnifique escalier en marbre. Il monte à l’étage pour se trouver dans une salle immense avec une superbe fenêtre en qui donne sur la piscine et la vue sur le Nil. Dommage que cet endroit ne soit pas mieux utilisé. Ça ferait une merveilleuse salle de spectacle, ou une galerie d’art fantastique. Finalement, son téléphone sonne. « Itzi bitsi petit bikini » de Dalida résonne dans la salle vide. C’est son chauffeur qui est enfin arrivé. Il part, laissant les filles en bikini, les mecs musclés s’amuser sur cette Ibiza du Caire.

Par nagui chehata
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Dimanche 24 mai 2009

Minuit cinq. Le patron ouvre tranquillement la porte de la pension. La lumière automatique connectée à la porte d’entrée s’allume. Titi est là à l’attendre tranquillement juste en face. Titi seule ? Pucci non. Il doit surement dormir tranquillement au dessus de l’armoire de la chambre du patron. Mais, en général, les deux chats sentent l’arrivée du patron quelques minutes avant et sont toujours là devant la porte d’entrée à l’attendre fidèlement. Le patron dépose ses affaires sur la table dans la salle à manger, Titi saute machinalement sur la table pour prendre sa dose de câlin. Pucci aurait dû maintenant être là, lui aussi pour saluer le patron. Mais, il se laisse désirer. Aucune trace. Juste un miaulement qui venait de quelque part. Inquiet, le patron se précipite alors dans sa chambre pour voir si Pucci ne jouait pas au paresseux et s’il ne voulait pas descendre de l’armoire. Il allume la lumière de la chambre. Son regard se porte directement au dessus de l’armoire, mais là non plus aucune trace du chat. L’aurait il enfermé dans son armoire ce matin avant de partir de la maison ? Pucci a souvent l’habitude de se précipiter à l’intérieure de l’armoire dès que le patron l’ouvre. Peut être, sans faire gaffe, le patron l’y aurait enfermé ? C’est peut être ça qui expliquerait ce miaulement sourd que le patron a entendu dès qu’il était rentré chez lui. Mais si c’était le cas, Hatem, le majordome de la pension qui était passé entre temps pour cuisiner au patron, aurait remarqué l’absence de Pucci et aurait téléphoné au patron pour la lui signaler. Or, Hatem n’a pas téléphoné de la journée. Il se précipite vers la salle à manger pour chercher ses clés dans son sac. Une envie folle de pisser le prend soudain. Il attendra. Il doit d’abord vérifier si Pucci n’a pas passé la journée enfermé dans l’armoire. Il retourne dans sa chambre. Titi le suit entre ses pieds et risque de le renverser. Ses mains sont moites. Il ouvre l’armoire vite mais n’y trouve pas son chat. Peut-être serait il enfermé sur le balcon ? Il se dirige alors vers le balcon, allumant au passage toutes les lumières de la pension à la recherche du chat. L’envie de pisser est intenable. Mais, la sueur froide qui couvre désormais le patron, cette angoisse qu’il commence à ressentir le fait surmonter encore pour quelques minutes cet appel de la nature. Il ouvre le balcon, mais, là non plus aucune trace du chat. Il n’en peut plus. Il doit vite se précipiter aux toilettes pour se libérer de cette pression qui lui ferait bientôt exploser la vessie. Il sent un frisson lui traverser le corps, se retourne pour vérifier si Pucci n’a finalement pas apparu,  toute en maudissant cette quantité d’urine interminable qui ne fait qu’augmenter son angoisse. Une fois libéré, il retourne vite vers sa chambre pour vérifier une deuxième fois à l’intérieure de l’armoire, descend sous le lit pour voir si le chat ne s’y serait pas caché : Parfois, quand les chats ne se sentent pas bien, ils se cachent sous un meuble et disparaissent pour quelques heures. Peut-être que Pucci était-il agonisant sous un lit ? Les habits du patron sont littéralement trempés de sueur froide. Décidément le chat n’était plus dans la pension. Se serait-il enfui lorsque le patron a ouvert la porte ? Mais alors ce miaulement ? Si c’était le cas, cela voulait dire que le chat était devant la porte de la pension. Le patron se précipite alors vers la porte, l’ouvre. La lumière automatique s’allume de nouveau. Mais, sur le seuil de la porte, pas de chat. Angoissé, le patron regarde alors Titi, qui, durant tous ces va et vient, n’a pas cessé de suivre le patron. Restera- elle seule maintenant ? Le patron aurait-il perdu son chat aussi bêtement ? Il se rappelle alors de son premier chat qu’il a perdu et comment il l’avait pleuré ! Pucci aurait-il le même sort ? Finirait-il dans les rues du Caire qui ne tolèrent guère les chats errants ? Il sent alors les larmes lui embrouiller la vue. Il se précipite alors sur son portable, appelle Hatem. Ses mains tremblent. Il a du mal à appuyer sur les boutons. Au bout de quelques secondes qui paraissent interminables, Hatem répond avec sa voix calme. Le patron lui demande alors tout tremblant s’il n’avait pas vu Pucci ? Hatem ne comprend pas la question. Le patron lui annonce alors qu’il n’arrivait pas à trouver le chat à la maison. Le calme de Hatem l’exaspère. Son majordome lui assure que le chat n’a pas quitté la maison et qu’il doit bien se cacher quelque part. Certes, mais où ? C’est à ce moment là que le regard du patron traverse la salle à manger, puis la salle du séjour pour se poser enfin sur les vitres de la fenêtre fermée. Derrière, Pucci, debout sur la climatisation, gratte toujours désespérément la vitre qui l’emprisonne. Le patron se précipite alors vers la fenêtre, l’ouvre. Le chat lui fait un petit miaulement de bienvenu, et saute à l’intérieure en ronronnant, heureux d’être enfin libéré de cette prison à ciel ouvert. Le patron s’écroule sur le canapé.

Par nagui chehata
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Vendredi 22 mai 2009

Un début d’été qui s’annonce calme. Un peu trop calme peut être pour le patron qui est habitué à avoir un rythme de vie assez fou. Des longues journées calmes passent, interminables. C’est toujours ainsi après le stress des examens. Les vacances commencent et le patron se demande : « Et maintenant quoi ? » Heureusement que la réponse ne se fait pas trop attendre. Pour couper cette monotonie qui s’installe dans sa vie, la vie lui a fait une belle surprise, à laquelle il s’attendait un peu, avec la visite d’une amie de France, venue en mission pour son boulot au Caire. Le patron avait fait la connaissance de Céline grâce à une tiers personne : Manuel, ex-formateur du patron durant sa formation de formateur, devenu avec le temps très bon ami, voire client de la pension de la joie il y a déjà plus qu’un an. De retour en France, Manuel avait longuement parlé du patron à sa collègue Céline, elle aussi formatrice. Puis, un beau jour, lorsque le patron était donc en formation à Paris, il croise dans le grand hall de L’IUFM de Paris, cette grande brune qui vient vers lui tout sourire, le salue, et lui dire qu’elle le connaissait bien grâce à Manuel. Bref, depuis ce jour, le patron et Céline sont devenus très bons copains et Céline est même devenue une lectrice assidue du blog du patron. Déjà venue plusieurs fois en Egypte pour maintes formations, elle trouve donc très naturel d’ouvrir, chaque matin son ordinateur pour voir, d’abord le blog de Josiane (ballade égyptienne) puis le blog du patron. Céline, donc, de passage pour une semaine au Caire, devait découvrir la pension de la joie, voir ces chats qu’elle a tant admirés sur le blog et apporter une bonne bouteille de château neuf du pape pour le patron. Une soirée très sympa passée en toute simplicité à la pension, des heures de discutions pour refaire le monde et un sentiment de bienêtre qui a accompagné le patron pour plusieurs jours. Puis, à l’occasion, le patron ainsi que sa cliente sont allés voir une superbe pièce de théâtre montée par le grand ami blond du patron Frédéric, et jouée par les élèves du lycée français du Caire. Une soirée merveilleuse où les élèves acteurs se sont déchainés sur scène, montrant de talents de vrais acteurs doués. « Le Bal des Voleurs » , longue pièce de deux heures durant lesquelles le public s’est amusé autant que les acteurs qui ont réussi à apprendre un long texte, à le jouer à la merveille, malgré la fin de l’année qui s’approche. Le patron était assis tout près de la scène pour voir et admirer le jeu des acteurs, et se rappelait du temps quand lui montait des pièces avec ses élèves et le plaisir qu’il ressentait quand il voyait la joie et la fierté des élèves durant les applaudissements des spectateurs. C’est vrai que depuis deux ans, le patron ne se lance plus dans la mise en scène avec ses élèves, vue les conditions de répétitions déplorables. Mais, grâce à Frédéric et ses élèves, le patron se sent prêt à se relancer, l’année prochaine à mettre en scène une pièce pas trop longue avec ses élèves. D’ailleurs, il profite pour demander à ses lecteurs s’ils ont des propositions de pièces à lui faire pour qu’il les lise durant les vacances et décider laquelle monter avec ses élèves. Pour les lecteurs du blog sur le Caire, le patron les encourage vivement d’aller voir la pièce « Le Bal des Voleurs » qui sera jouée aussi le vendredi 29 mai au théâtre El Hanaguer, sur le terrain de l’Opéra à 20h. Le patron y retournera sûrement pour revivre ces quelques moments de bonheur.

Par nagui chehata
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